Le lac de la Roucarié et l'eau du Carmausin

Le lac de la Roucarié vu depuis le barrage, vers l'est
Photo : Wikinivti, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Vu du belvédère, le lac de la Roucarié ressemble à un lac de montagne tombé au milieu des chênes. Quatre kilomètres de long, 350 mètres de large au plus, 64 hectares d’eau retenue par une voûte de béton de 25 mètres de haut. Le plan d’eau s’étend sur cinq communes du Tarn, Almayrac, Trévien, Monestiés, Carmaux et Sainte-Gemme, et il fournit l’essentiel de l’eau du robinet du bassin carmausin.

Un barrage voûte construit après la guerre

L’ouvrage barre la vallée du Céret, un ruisseau dont le bassin versant couvre 51 km². C’est une voûte en béton de 25 mètres de hauteur maximale, de 70 mètres de rayon, qui se développe sur 109 mètres en crête. Le chantier démarre en 1945, sous l’impulsion d’Ernest-Georges Goüin, et le barrage est mis en service en 1948.

L’objectif de départ n’est pas la promenade. Carmaux sort de la guerre avec une ville et des houillères à alimenter. Le lac sert alors à la fois à l’eau potable des communes et aux installations industrielles des Houillères d’Aquitaine. Le barrage de Fontbonne, construit en 1902 et 1903 en amont sur la même rivière, ne suffisait plus : sa retenue de maçonnerie, haute de 15 à 16 mètres, plafonne à 1,1 million de mètres cubes.

Cinq communes sous le plan d’eau

La retenue occupe le fond de la vallée sur toute sa largeur, et le niveau maximum autorisé, à la cote 260, représente 5,58 millions de mètres cubes. Le lac noie les prés les plus bas d’Almayrac et de Monestiés, et sa queue remonte vers Trévien. Les rives, boisées, restent peu construites : quelques maisons, des chemins, des prairies en pente.

Le barrage appartient au Syndicat intercommunal de la Roucarié. Il peut fournir 15 000 à 16 000 mètres cubes par jour. Fontbonne, lui, tournait autour de 3 000 mètres cubes quotidiens, avec une pointe autorisée à 4 500.

L’eau du robinet du Carmausin

Le lac de la Roucarié est, avec Fontbonne, l’un des deux grands réservoirs du bassin carmausin. Une nouvelle usine de traitement a été construite à l’aval du barrage pour remplacer les deux unités devenues obsolètes. Elle alimente environ 15 500 abonnés du Pôle des eaux du Carmausin-Ségala, qui emploie 28 agents pour la production, la surveillance, les réparations et les branchements. L’investissement approche 9 millions d’euros, avec 2,6 millions apportés par l’agence de l’eau Adour-Garonne et 400 000 euros par le département du Tarn.

L’eau descend ensuite vers Carmaux, Rosières et Sainte-Gemme par un réseau maillé. Le Pôle des eaux a profité des travaux pour rénover des réserves et raccorder les abonnés de Fontbonne au nouveau dispositif.

Le niveau a été abaissé en 1989

Un barrage de tête de bassin doit garder de la marge en cas de crue. Avant 1989, le niveau normal se tenait à la cote 259,25, soit 5,1 millions de mètres cubes derrière la voûte. Depuis, il est descendu à 258,25, ce qui ramène la réserve utile à 4,5 millions de mètres cubes et libère 600 000 mètres cubes de capacité d’écrêtement. Le lac a donc perdu un peu de volume, et gagné en sécurité.

Un site de plein air au-dessus du Céret

Les rives sont aujourd’hui surtout fréquentées pour les activités de plein air. On vient y marcher, y pique-niquer et suivre les chemins qui dominent le plan d’eau. Le tour du lac et la boucle qui descend vers Monestiés figurent parmi les itinéraires décrits dans nos balades du Ségala Carmausin, avec le cratère de Cap’Découverte et la vallée du Cérou.

Le lac reste un ouvrage d’eau potable, et la rive du barrage n’est pas un terrain de jeux. Une promenade au petit matin, quand la brume tient encore la surface, suffit à comprendre l’intérêt du lieu.

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