Découvrir le Ségala Carmausin, entre Carmaux et le plateau du Ségala

Vue plongeante sur le centre-ville de Carmaux et ses toits de tuiles
Photo : Philichel, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Le Ségala Carmausin, ce nom ne vous dit peut-être rien. C’est pourtant un territoire net, à 17 km au nord d’Albi, dans le Tarn. La communauté de communes du Carmausin-Ségala, son nom officiel, regroupe 31 communes autour de Carmaux sur 476 km², pour environ 30 000 habitants. Deux mondes s’y côtoient : l’ancien bassin minier de Carmaux et le plateau du Ségala.

Un territoire à deux visages

Carmaux s’accroche au bord du Cérou, sous son église et ses toits de tuiles. La ville a été la tête d’un bassin houiller réputé le plus ancien de France : l’exploitation rationnelle du charbon y a débuté en 1752 pour s’arrêter en 1997. Autour, Blaye-les-Mines, Cagnac-les-Mines, Le Garric, Taïx et Saint-Benoît-de-Carmaux portent la marque de cette histoire minière.

Au nord et à l’est, le décor change. Le Ségala enchaîne collines et plateaux schisteux, entre 200 et 800 m d’altitude, creusés d’étroites vallées. On le surnomme le pays des cent vallées : le Cérou, le Viaur et l’Aveyron y tracent leurs méandres, et l’élevage bovin domine dans des prairies qui nourrissent la filière du veau d’Aveyron et du Ségala. Son nom vient du seigle, seule céréale qui poussait sur ces terres trop acides.

Une histoire de charbon, de verre et de révoltes

Le charbon a laissé plus que des friches : une mémoire ouvrière, sociale, politique. C’est ici que Jean Jaurès, député de Carmaux de 1893 à 1898 puis de 1902 à sa mort en 1914, s’est fait le défenseur des mineurs et des verriers. La famille de Solages avait donné au pays ses deux industries : les mines, dont elle tenait la concession, et une verrerie installée dans son domaine de Blaye au milieu du XVIIIᵉ siècle. Les grandes grèves des années 1890 ont marqué l’histoire sociale française.

Cette mémoire se lit encore dans le paysage : un chevalement restauré à Blaye-les-Mines, un musée de la mine à Cagnac-les-Mines, et surtout la grande cicatrice de La Découverte, la mine à ciel ouvert fermée en juin 1997 et devenue le site de loisirs de Cap’Découverte. Le cratère fait 1 302 m de diamètre pour 229 m de profondeur, sur un domaine de 700 hectares. Notre guide du patrimoine du Ségala Carmausin raconte cette histoire en détail.

Ce qu’on vient voir aujourd’hui

Le territoire se visite sur un rythme court : l’essentiel se trouve à moins d’une vingtaine de kilomètres de Carmaux.

  • Monestiés, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, avec son église du XVIᵉ siècle, sa chapelle Saint-Jacques et son musée Bajén-Vega, le long d’une boucle du Cérou.
  • Carmaux, ville-centre vivante, qui conserve un centre ancien et des équipements récents.
  • Cap’Découverte et la mémoire de la mine, entre musée-mine départemental, machines géantes du parc des Titans et points de vue sur le cratère.
  • Les villages du plateau, Mirandol-Bourgnounac, Pampelonne, Tanus ou Trévien, où le temps semble passer autrement. La page des villages du Ségala Carmausin les présente un par un.

Pour bouger, le territoire est bien doté : la voie verte du chemin des mineurs relie déjà Albi à Cap’Découverte, et les promenades autour du lac de la Roucarié ou le long du Cérou donnent de bonnes raisons de sortir. Nos balades dans le Ségala Carmausin proposent des parcours.

En pratique

  • En train : la gare de Carmaux est desservie par les TER de la ligne Toulouse-Rodez.
  • En voiture : Carmaux est à 17 km au nord d’Albi ; le stationnement est facile dans les villages.
  • Quand venir : toute l’année. Le printemps et l’automne sont les plus agréables pour les balades ; l’été, on visite tôt le matin ou en fin de journée.

Le Ségala Carmausin n’est pas une destination clinquante, et c’est tant mieux. Le meilleur plan consiste à venir sans programme, à marcher, et à laisser les villages faire le reste.

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