Patrimoine du Ségala Carmausin : mines, églises et villages du Cérou

Vue aérienne de Cap'Découverte, l'ancienne mine à ciel ouvert devenue site de loisirs
Photo : Duch.seb, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Le charbon a façonné ce coin du Tarn plus que n’importe quel monument. Le bassin houiller de Carmaux est réputé le plus ancien bassin minier de France : l’exploitation rationnelle y court de 1752 à juin 1997. Elle laisse des sites spectaculaires, reconvertis en musées et en espaces de plein air, mais aussi des villages médiévaux, des églises et un château d’évêques.

La Découverte, de la mine à ciel ouvert à Cap’Découverte

Le spectacle le plus impressionnant reste le cratère de La Découverte. Creusée de 1985 à 1997 pour l’extraction à ciel ouvert, après l’arrêt du puits de La Tronquié en 1987, elle s’étend sur Blaye-les-Mines, Cagnac-les-Mines, Le Garric et Taïx. L’amphithéâtre mesure 1 302 m de diamètre pour 229 m de profondeur.

Autour de ce trou géant, les six communes du bassin ont créé en 1997 le syndicat intercommunal de La Découverte pour bâtir un pôle de loisirs. Cap’Découverte ouvre en juin 2003 sur 700 hectares, et le Tour de France 2003 y fait étape le 18 juillet avec son épreuve contre-la-montre. Les machines géantes qui ont creusé la mine sont restées sur place, réunies dans le parc des Titans.

La donne a changé en 2026 : plage, baignade et activités nautiques du lac se sont arrêtées, le télésiège a été démonté, et le pompage a été coupé. Sans pompage, le lac doit monter d’environ 80 m dans les douze à quinze prochaines années. Le parc poursuit ses autres activités, skatepark, VTT ou parcours d’aventure ; nos balades du Ségala Carmausin aident à profiter du site autrement.

La mémoire des mineurs au musée-mine départemental

Le musée-mine départemental de Cagnac-les-Mines occupe les anciens puits de Campgrand. La visite se fait autour du puits n°2 : six mineurs retraités y ont creusé 350 mètres de galeries pour reconstituer le fond de la mine, et le circuit attire plus de 17 000 visiteurs dès 1991. Le musée est géré depuis 2007 par le département du Tarn.

Monestiés, le plus beau village du territoire

Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Monestiés concentre plusieurs siècles d’art religieux. Le village est ceinturé de lices, ces promenades qui ont pris la place des fossés et des anciens remparts. Les maisons se tassent autour de l’église Saint-Pierre, dans une boucle du Cérou, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’église Saint-Pierre, construite en 1550 dans le style gothique méridional, conserve son chevet à cinq pans et son clocher de 20 m. Clocher et chœur sont classés monuments historiques depuis 1979. Juste à côté, la chapelle Saint-Jacques, ancienne chapelle de l’hôpital construit au XIIIᵉ siècle pour les pèlerins, abrite la pièce maîtresse : une mise au tombeau en pierre sculptée, réalisée pour les évêques d’Albi, entourée des stalles qui ornaient la chapelle du château de Combefa.

Non loin, l’ancienne maison seigneuriale, siège de l’office de tourisme, abrite le musée Bajén-Vega, consacré à un couple de peintres espagnols ayant fui le franquisme. Enfin, la croix de Salvetat, menhir christianisé classé monument historique en 1981, ajoute au village une touche de mystère préhistorique.

Le château des évêques d’Albi à Combefa

Tout près de Monestiés, sur la commune voisine de Combefa, le château épiscopal éponyme raconte une autre histoire. Construit vers 1270 à la demande de l’évêque d’Albi Bernard de Combret pour garder la route de Rodez à Toulouse, il devient la résidence d’été des prélats. Tombé aux mains des Anglais au début du XVᵉ siècle, il est repris en 1434 par les troupes royales de Charles VII. Louis Ier d’Amboise y fait édifier en 1490 la chapelle dont la mise au tombeau est aujourd’hui conservée à Monestiés. Délaissé au XVIIIᵉ siècle, il est cité comme ruine dès 1769 ; propriété privée, ses vestiges dominent de 80 m le vallon de la Zère.

Le petit patrimoine du plateau

Sur le plateau du Ségala, le patrimoine est plus modeste : de nombreuses fermes conservent leurs secadous, ces séchoirs à châtaignes aujourd’hui inactifs. La communauté de communes assure la mise en valeur, la restauration et la protection du petit patrimoine rural sur l’ensemble de ses 31 communes.

Pour le cadre naturel autour de ces monuments, voyez la découverte du Ségala Carmausin et nos balades.

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