Un Carmausin condamné pour des insultes racistes visant Rachid Touzani
Le message tenait en quelques lignes, avec une orthographe très approximative : « Va te faire e…, retourne chez toi, vive le RN ». Il a été publié en mars dernier sur les réseaux sociaux de Rachid Touzani, à la tête de la liste « L’archipel des idées » aux élections municipales de Carmaux, au moment où la campagne entrait dans sa dernière ligne droite.
L’auteur est un ancien colistier de Christian Legris, le candidat du Rassemblement national aux municipales de 2020 dans la cité minière. Rachid Touzani, candidat PCF à la mairie, a porté plainte auprès des services de police. Le message a été supprimé rapidement. « Ces messages ne sont pas seulement des mots, expliquait-il alors. Ils touchent ma famille, mes enfants. Dans notre République, la haine en ligne n’a pas sa place et doit être combattue avec fermeté. »
Une amende et trois ans sans contact
Sept mois plus tard, le tribunal a rendu son verdict : une peine d’amende, et l’interdiction d’entrer en contact avec Rachid Touzani pendant trois ans. « Je suis satisfait que la justice ait pris ses responsabilités et que cette affaire ait pu connaître une issue judiciaire », réagit l’ancien candidat.
Il déplore malgré tout « avoir eu à vivre de telles situations dans une ville comme Carmaux ».
Des stickers racistes sur ses affiches en 2017
Ce n’est pas la première fois que Rachid Touzani affronte ce type d’attaques. En 2017, pendant la campagne des législatives, le Carmausin se présentait sous l’étiquette du Parti communiste français aux côtés d’Isabelle Campagne. Ses affiches collées dans la ville avaient été recouvertes de stickers aux propos racistes. Il avait aussi retrouvé des bananes sur la portière de sa voiture et des rayures sur la carrosserie. Les auteurs n’ont jamais pu être identifiés.
« Je souhaite sincèrement qu’aucun être humain n’ait jamais à subir de telles expériences, quelles que soient ses origines ou sa couleur de peau », ajoute-t-il.
Rachid Touzani avait terminé quatrième du scrutin municipal, avec 12,61 % des suffrages. Il retient aujourd’hui « la solidarité plutôt que la haine, la dignité plutôt que la rancœur et l’espoir plutôt que la division ».