Les commerçants tarnais appelés à sécuriser leurs vitrines avant la mobilisation de samedi

L'avenue Jean Jaurès à Carmaux
Photo : AirScott, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

C’est l’acte II de la mobilisation contre la vie chère. Ce samedi 24 octobre, des blocages et des rassemblements sont annoncés dans le Tarn, une semaine après une première journée qui avait conduit un peu plus de 4 000 personnes dans les rues du département, d’Albi à Castres en passant par Gaillac, sans débordement.

La police nationale a profité de l’intervalle pour adresser un message aux commerçants. Le document, élaboré au niveau national, leur demande de sécuriser les vitrines, de vérifier les dispositifs de fermeture et de contrôler la vidéoprotection. Il invite aussi à limiter les objets susceptibles de servir de projectiles, à anticiper une éventuelle fermeture de la boutique, à adapter la gestion de caisse et des liquidités, et à rester informé de l’évolution de la journée.

Ces recommandations ne s’appuient sur aucun renseignement précis, assure la police nationale. Elles relèvent de la prévention, dans un contexte où les cortèges du 17 octobre s’étaient tenus sans incident dans le Tarn.

Un blocage annoncé au rond-point de Larquipeyre

Le rendez-vous le plus proche de Carmaux se situe à Lescure-d’Albigeois. Un blocage est annoncé au rond-point de Larquipeyre, avec un risque de perturbations sur la RN88, l’axe qui relie Carmaux à Albi. Les automobilistes qui empruntent cette route samedi doivent donc s’attendre à des ralentissements.

Le reste du programme est connu. Un rassemblement est déclaré à 10 heures au rond-point des Zèbres, à Gaillac. Deux appels à manifester sont lancés pour 14 heures, place du Vigan à Albi et place Soult à Castres. Aucun rassemblement n’est annoncé à Carmaux.

À Albi, des commerçants partagés sur la consigne

La Ville d’Albi, citée en exemple pour le calme de sa manifestation du 17 octobre, n’a identifié aucune menace particulière. La visite des policiers dans les commerces situés sur un éventuel parcours a pourtant surpris. Au Story Time Café, Sarah ne compte pas fermer, mais elle conteste l’idée que les professionnels doivent assurer eux-mêmes la protection de leur établissement. « Ce n’est pas à nous de barricader nos magasins ou de fermer. C’est à la police de nous protéger », dit-elle.

À Gaillac, où c’est la gendarmerie qui intervient, la représentante de l’association des commerçants résume la nuance : « On nous demande d’être vigilants, mais on ne nous a pas demandé de nous protéger. »

Seules les manifestations syndicales seront autorisées

La journée de samedi s’inscrit dans un cadre resserré. Jeudi 22 octobre, Emmanuel Macron a tranché : seules les manifestations organisées à l’appel des syndicats seront autorisées sur le territoire.

Dans le Tarn, l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires et Confédération paysanne dénonce « les annonces sécuritaires du Président » et refuse de s’y plier. Elle rappelle que la déclaration d’une manifestation n’est pas réservée aux organisations syndicales. Une nouvelle journée de grève interprofessionnelle est déjà fixée au 5 novembre, avec des rassemblements prévus à Albi et à Castres.

Le dossier de fond, lui, reste le pouvoir d’achat, dans un département où la mobilisation du 17 octobre a réuni un peu plus de 4 000 personnes. À Carmaux, aucun rassemblement n’est annoncé samedi, mais la consigne diffusée aux commerçants du Tarn vaut pour tout le Ségala carmausin.